30.04.2012
1759, La chute de l'Amérique française (Le livre)

Territoire majeur du premier empire colonial français, la Nouvelle-France n’occupe néanmoins pas la place qui lui revient dans les livres d’histoire. Elle s’étendait de l’embouchure du fleuve Saint-Laurent au delta du fleuve Mississippi. Fondé en 1534 par l’explorateur Jacques Cartier, le Canada français devient la plus importante des colonies de la Nouvelle-France. Rapidement, cette colonie devient un enjeu important de la guerre de Sept Ans, nom donné à la phase finale de la lutte séculaire entre la France et la Grande-Bretagne pour la domination en Amérique du Nord et la suprématie dans le monde. Combattant sous le drapeau à fleur de lys, les Français obtinrent des succès remarquables sur les forces anglaises pourtant plus nombreuses.
Cette guerre a officiellement commencé en 1756 pour se terminer par le traité de Paris en 1763. En réalité, un état de guerre existait en Amérique du Nord depuis 1754. A l’issue du conflit, l’Angleterre devient la première puissance coloniale tandis que sa marine domine les océans. Le premier empire colonial français, plus grand espace colonial de l’époque moderne, disparaît presque en totalité.
L’équilibre mondial est profondément déplacé en faveur de la Grande-Bretagne. Le peuple canadien est conquis et annexé à l'Empire britannique. Avec sa bataille de couronnement, le 13 Septembre 1759, cette guerre reste l'évènement central dans l'histoire du Québec.
Ce livre fait revivre l’histoire, parfois méconnue, des dernières heures de l’Empire français d’Amérique.
Histoire de France
Auteur: Richard de Montbrahan
14,8x21cm (Exlibris)
Prix: 18 €
176 pages
978-2-7466-3823-5
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Membre de l'association Signature-Touraine
01.04.2012
La colonisation française des Amériques
La colonisation française des Amériques commença au XVIe siècle et se poursuivit jusqu'à la moitié du XVIIIe siècle. La France édifia un vaste empire colonial en Amérique du Nord, appelé Nouvelle-France. Il s'étendait du golfe du Saint-Laurent jusqu'aux montagnes Rocheuses, à l'ouest, et jusqu'au golfe du Mexique, au sud. Les Français colonisèrent également les Antilles : Saint-Domingue, Sainte-Lucie, la Dominique, ainsi que la Guadeloupe et la Martinique, toujours françaises d’ailleurs.
Lors de cette période de colonisation, les Français fondèrent de nombreuses villes comme Montréal et Québec au Canada ; Bâton-Rouge, Détroit, Mobile, La Nouvelle-Orléans, et Saint-Louis aux États-Unis ; Port-au-Prince et Cap-Haïtien en Haïti. D’ailleurs, dans ces grandes villes d’Amérique du Nord, les traces françaises y sont toujours présentes et il n’est pas rare d’y croiser quelques anciens descendants de nos pères colonisateurs.
Les premières tentatives de colonisation
Les Français commencèrent l’exploration du « Nouveau Monde » en cherchant un passage vers les Indes. Cette découverte de l'Amérique du Nord commença sous le règne du roi François Ier. Ainsi, c’est en 1524 qu’il envoya Giovanni da Verrazano explorer la région entre la Floride et Terre-Neuve, afin d’y découvrir un passage vers l'océan Pacifique. Bien qu'il ne pût y découvrir cette nouvelle route, Verrazano devint le premier Européen à explorer une grande partie de la côte atlantique des États-Unis et du Canada. Puis, en 1534, François Ier envoya Jacques Cartier pour y explorer la côte Terre-Neuvienne et le fleuve Saint-Laurent.
Tandis que les deux premiers voyages de Cartier eurent pour objectif de trouver un passage vers l'Orient, le troisième, qui débuta en 1541, visa à découvrir le légendaire « royaume de Saguenay » et à y établir une colonie permanente sur les rives du Saint-Laurent. Ainsi, en août 1541, son groupe établit une colonie fortifiée, baptisée Charlesbourg-Royal, sur l'emplacement de l'actuel quartier de Cap-Rouge à Québec. Un second fort fut construit sur une falaise surplombant la colonie, afin d'en améliorer sa protection. Ayant donné à chacun de ses hommes des ordres précis, Cartier partit en chaloupe, avec une petite escorte, le 7 septembre à la recherche de ce fameux « royaume de Saguenay ». Mais, le mauvais temps et les rapides l'empêchèrent d'atteindre la rivière des Outaouais.
Jacques Cartier revint à Charlesbourg-Royal et y trouva la colonie luttant durement pour sa survie. Après un hiver difficile, il constata qu'il manquait cruellement de main-d'œuvre et de ressources pour protéger le fort et partir à la recherche du royaume de Saguenay. Il rentra en France en juin 1542. Le sieur de Roberval prit le commandement de Charlesbourg-Royal. Il décida d’abandonner l’établissement l'année suivante, en raison des maladies, des difficiles conditions climatiques et de l'hostilité des indigènes. Les colons étaient au bord du désespoir. L'emplacement précis de cette colonie resta longtemps un mystère pour les historiens jusqu'en août 2006 lorsque des archéologues découvrirent ses vestiges, dont un plat qui appartint probablement à Roberval.
L’implantation en Floride
En 1562, sous l'impulsion de l'amiral Gaspard de Coligny, Charles IX envoya le Normand Jean Ribault accompagné d’un groupe de colons Huguenots pour tenter de coloniser la côte atlantique. Ils découvrirent la sonde de Port Royal et une île, que l'on nommera plus tard Paris Island, en Caroline du Sud, et sur laquelle ils bâtirent un fort. Le groupe, mené par René de Goulaine de Laudonnière, se déplaça vers le sud et érigea le fort Caroline sur la rivière Saint Johns, en Floride, le 22 juin 1564. Cette implantation eut pour effet d’irriter les Espagnols qui revendiquèrent la Floride et s'opposèrent aux colons français. Ainsi, en 1565, Pedro Menéndez de Avilés conduisit un groupe d'Espagnols et fonda Saint Augustine, à 60 kilomètres au sud du fort Caroline. Craignant une attaque espagnole, Ribault projeta de déplacer la colonie mais une tempête soudaine détruisit sa flotte. Le 20 septembre 1565, les Espagnols, commandés par Ménendez de Avilés, attaquèrent fort Caroline et massacrèrent ses occupants dont Jean Ribaut.
Le Canada et l'Acadie
L'intérêt français pour le Canada se concentra d'abord sur la pêche au large de Terre-Neuve. Cependant, au début du XVIIe siècle, la France commença à s'intéresser à la traite des fourrures d'Amérique du Nord. Ainsi, en 1600, les Français fondèrent le poste de Tadoussac. Quatre ans plus tard, Samuel de Champlain fit son premier voyage au Canada, au sein d'une mission de commerce de la fourrure. Bien qu'il n'eut pas de mandat officiel lors de ce voyage, il esquissa une carte du fleuve Saint-Laurent et écrivit, dès son retour en France, un compte-rendu, intitulé Des sauvages (relation de son séjour dans un campement estival de Montagnais à Tadoussac, puis de son parcours sur les traces de Jacques Cartier), accompagné de nombreuses cartes. Chargé par Henri IV de faire un rapport sur ses découvertes, il participa à une autre expédition en Nouvelle-France, au printemps 1604, conduite cette fois par Pierre Dugua de Mons. Il participa ainsi à la fondation de l'habitation de l'Île Sainte-Croix, premier établissement français du Nouveau Monde, qui sera néanmoins abandonné l'hiver suivant. L'expédition fonda ensuite la colonie de Port-Royal.
En 1608, Champlain établit un poste de fourrure qui deviendra la ville du Québec, s'imposant comme la capitale de la Nouvelle-France. À Québec, Champlain forgea des alliances entre la France, les Hurons et les Outaouais, contre leurs ennemis traditionnels, les Iroquois. Les voyageurs français continuèrent d'explorer l'Amérique du Nord, à l'aide du canoë d'écorce de bouleau, pour se déplacer rapidement à travers les Grands Lacs et leurs affluents. Vers 1634, l'explorateur normand Jean Nicolet poussa même son exploration vers l'ouest jusqu’à atteindre l'état actuel du Wisconsin.
À la suite de la capitulation de Québec face aux frères Kirke, les Anglais occupèrent la ville de Québec et l'Acadie durant trois années, de 1629 à 1632. Samuel de Champlain fut fait prisonnier et il s'ensuivit la faillite de la compagnie des Cent-Associés. Mais, à la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye, la France reprit possession de la colonie dès 1632. Ainsi, en 1634, Les Français fondèrent la ville de Trois-Rivières. Puis, en 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Montréal (alors appelé Ville-Marie) qui n'était, à l'époque, qu'un simple fort servant de protection contre les attaques des Iroquois. Les Français eurent en effet à se protéger des féroces Iroquois et la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667.
Malgré cette expansion rapide, face aux guerres iroquoises et aux maladies, la colonie se développa très lentement. Ainsi, en 1663, lorsque Louis XIV institua le gouvernement royal, la Nouvelle-France ne comptait que 2 500 habitants. Alors, dans le but d’en augmenter la population, le roi y envoya entre 800 et 900 « filles du Roy » afin qu’elles deviennent les épouses des colons français. Grâce à cet effort, la population de la Nouvelle-France atteignit par la suite 7 000 en 1674, puis 15 000 en 1689.
De 1689 à 1713, les colons français furent confrontés de façon presque incessante à des guerres inter-coloniales. Ainsi, de 1689 à 1697, les colons français affrontèrent les Anglais dans la guerre de la ligue d'Augsbourg. Quant à la guerre contre les Iroquois, elle continua même après le Traité de Ryswick, jusqu'à 1701, lorsque les deux parties s’accordèrent enfin sur les conditions de la paix. Puis, la guerre contre les Anglais reprit, lors de la guerre de Succession d'Espagne. Ainsi, en 1690 et en 1711, la ville du Québec résista vaillamment à des attaques de la marine anglaise. Néanmoins, les Britanniques profitèrent de cette guerre et de la signature des traités d'Utrecht, en 1713, puisque la France dut céder l’Acadie (avec une population relativement important puisqu’atteignant 1 700 habitants), Terre-Neuve et la baie d'Hudson à la Grande-Bretagne.
Bien que sous l’impulsion de Louis XIV le peuplement de la colonie progressa plus rapidement, sa vitesse de peuplement resta loin de celle des treize colonies britanniques. En effet, au milieu du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France comptait 60 000 habitants tandis que les colonies britanniques dénombraient plus d'un million de colons. Ainsi, la colonie française fut très désavantagée militairement face aux Britanniques. Dès 1744, les affrontements reprirent entre les deux colonies, et ce jusqu'en 1748, lors de la Guerre de Succession d’Autriche.
La Guerre de Sept Ans
Enfin, une guerre finale et décisive commença en 1754, appelée Guerre de la Conquête par les Canadiens. Les Français furent soutenus les Amérindiens, grâce à leurs nombreuses alliances, mais ils furent dépassés en nombre par les Britanniques sur les champs de bataille.
En Acadie, (rebaptisée la Nouvelle-Écosse), la population d'origine française atteignit plus de 15 000 habitants en 1755. Mais cette dernière guerre apporta des effets dévastateurs. Le gouverneur britannique exigea que les Acadiens jurent leur fidélité à la Grande-Bretagne. La plupart refusèrent et furent sauvagement expulsés de la colonie. C’est ainsi que débuta la première grande déportation de l’Histoire : La Déportation des Acadiens.
En septembre 1759, le major-général James Wolfe, à la tête des forces britanniques attaqua les forces françaises à Québec. Le siège dura près de dix semaines. Les Français étaient commandés par le marquis Louis-Joseph de Montcalm. Ils tentèrent courageusement de se défendre malgré leur large infériorité numérique. Les forces britanniques escaladèrent une falaise aux portes de Québec (débarquement de l’Anse au Foulon) et affrontèrent les Français dans une bataille rangée à l’Européenne sur les plaines d'Abraham, devant Québec. Durant les dix semaines de siège, la flotte britannique et les batteries installées sur la Pointe de Lévis, en face de la ville, bombardèrent Québec avec la plus grande violence. Malheureusement, les Britanniques remportèrent cette bataille décisive. L’année suivante, il y eut bien une autre bataille, la Bataille de Sainte-Foy, remportée cette fois par les Français aux portes de Québec. Mais elle ne fut pas suivie par l’arrivée de renforts français en provenance de l’Océan. Au contraire, alors qu’il débutait le siège de la ville, le Chevalier de Lévis, successeur de Montcalm à la tête de forces française, ce dernier ayant laissé la vie lors de la bataille de Plaines d’Abraham, vit apparaître la flotte anglaise venant ainsi renforcer la position britannique. Il dût se retirer vers Montréal.
Enfin, en 1760, les Britanniques attaquèrent Montréal. La ville, encerclée, se rendit sans combattre. La défaite française fut officialisée par le traité de Paris en 1763.
Pour aller plus loin, découvrez le livre 1759, La chute de l'Amérique française et revivez les dernières années de l'Empire français d'Amérique.
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14.01.2012
Prochaines Rencontres...
- Rencontres littéraires de Descartes, le 13 mai 2012.
- Le Chapiteau du livre, 4e édition, les 2 et 3 juin 2012.
La 4e édition du Chapiteau du livre aura lieu les 2 et 3 juin 2012 et se déroulera comme d'habitude à Saint-Cyr-sur-Loire (dans l'Indre-et-Loire).
Sous deux chapiteaux de cirque aménagés vous pourrez y croiser des auteurs en dédicace et suivre des cafés littéraires, des lectures et d'autres animations en rapport avec le thème de cette édition : « Raconte-moi le monde ».
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